Gîte Pèlerin Hospitalet Saint-Jacques

LE CHEMIN de SAINT JACQUES INTERIEUR


 



LE CHEMIN DE SAINT JACQUES

INTERIEUR


Pèlerin, il y a le chemin de Saint Jacques sur lequel tu marches.

Mais il y a aussi un chemin au-dedans de toi.

Si tu marches sur le premier avec intériorité et simplicité,
tu chemineras dans l'autre avec beaucoup de bienfaits.

Plus tu avanceras vers Compostelle et Finisterre
plus tu sentiras que ce n'est pas toi qui fait le chemin
mais le chemin qui te fait.

Pour cela veille à prendre le meilleur chemin
et non le chemin qui semble le plus facile.

André Hospitalet Saint Jacques

Intériorité dans l’apurement, la redécouverte, l’intensification lente au pas de la marche et au fil des étapes, de notre vie intérieure, de notre spiritualité.

Intériorité dans les moments d’introspection, les moments de méditation. Mais aussi devant ce qui est beau tout au long du chemin.

Intériorité devant les calvaires, dans les chapelles, églises, cathédrales qui sont comme autant de balises spirituelles du chemin.

Intériorité due au contact étroit avec la nature.

Intériorité dans le vivre avec peu, avec le contenu seul du sac à dos.

Intériorité simplement dans la joie de vivre ce moment merveilleux.

Intériorité dans les souvenirs accumulés en nos cœurs.

Intériorité dans les moments de fraternité, chaque jour renouvelés, avec les autres pèlerins dans les gîtes et avec celles et ceux qui nous donnent l’Hospitalité.

Intériorité dans ce que chaque pèlerin porte au-dedans de lui.
Ses peines, ses joies, ses demandes, son voeux en cours d’accomplissement, sa maladie ou celle d’un autre pour qui il marche.


Le pèlerin est face à des choix.

Son intériorité donc son vécu du chemin, ce qu'il y trouvera, en dépendra.


DANS LA LIBERTE IL A LE CHOIX:

- D'avoir dans son sac à dos ce qu'il faut ou d'avoir pour but d'avoir le sac à dos le plus léger possible.


Il faut pouvoir marcher sans souffrir par tous les temps.

Il faut faire son sac à dos en se disant "Ai-je ce qu'il faut s'il pleut pendant 8 jours et que j'ai du mal à sécher ma lessive?".
C'est une situation que j'ai vécu plusieurs fois.
Celles et ceux qui n'avaient pas prévu cela devaient soit s'arrêter soit acheter du matériel. D'autres épuisés physiquement et moralement arrêtent et rentrent chez eux.

ATTENTION ne cédez pas à la mode de l'ultra léger

L'ultra léger peut vous transformer très vite en pèlerin frigorifié ou trempé.



Lorsqu'on fait le pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle c'est de la marche au long court (1700km), ce n'est pas une randonnée de 2 jours.

Exemples: Nous voyons des pèlerins qui veulent faire tout le chemin du Puy à Compostelle avec un simple K-Way parce qu'un poncho est trop lourd...D'autres n'ont que 2 paires de chaussettes...D'autres prennent très peu d'eau pour éviter le poids de celle-ci...D'autres n'ont pas la moindre pharmacie pour en éviter le poids...etc.

Il est très important d'avoir un sac vous donnant un confort de portage: ceinture ventrale large, coussin lombaire, bretelles larges, rappel de charge.



10kg dans un sac non technique risquent de vous faire souffrir alors que vous porterez 12kg sans peine dans un sac technique adapté pour marcher 1700km.

Le chemin amène aussi à la juste mesure pour tout y compris le choix et le contenu du sac à dos.
Ni trop, ni trop peu pour éviter de souffrir du froid, de la pluie, de la soif.


D'avoir les chaussures adaptées pour marcher 1700km
ou les chaussures les plus basses et légères possible


Pensez que sur cette distance vous rencontrerez tous les temps: chaleur mais aussi la pluie, des chemins inondés, le froid.
Pensez que vous allez monter mais surtout descendre des chemins pierreux et que votre cheville doit être bien tenue.
Pensez que vos chaussures doivent évacuer la chaleur et la transpiration de vos pieds tout en étant imperméables.

Nous aimons les modèles tout cuir (intérieur et extérieur) avec semelles VIBRAM.
Des marques connues en fabriquent en série légère.




Pensez à avoir de bonnes chaussettes qui maintiennent le pied et surtout évacuent la transpiration.



D'avoir ou pas de bonnes protections contre la pluie, contre le froid, contre la chaleur


Poncho respirant avec manches, descendant bas et fermeture éclair sur toute la hauteur


D'entretenir ou pas son équipement chaque jour

Exemple: Ce n'est pas parce que votre paire de chaussures est "Goretex" qu'elle est imperméable à vie.


Il y a un rapport étroit et direct entre votre équipement, son entretien et votre chemin intérieur.

Ces conseils techniques ont leur importance par rapport à l'intériorité: Si la fatigue est normale, la souffrance ne doit pas être acceptée car elle monopolise tout votre être et elle vous coupe de toute intériorité.



De préparer ou pas son étape du lendemain.

L'après-midi, tranquillement, en demandant si besoin des renseignements à ceux qui vous donnent l'Hospitalité.

Pour voir les lieux où on pourra faire les pauses, les points d'eau, les sites à visiter au bord du chemin, le dénivelé pour mesurer son effort, les points de ravitaillement, les hébergements.

En France:
1) Bien étudier sa carte et faire SON chemin et non un autre qu'on voit tout à coup apparaître dont on fait la promotion et qu'on veut nous imposer.
Sans s'occuper de notre fatigue, de notre sécurité et surtout de notre budget.

2) Méfiez-vous des nouveaux tracés du chemin ou des "variantes" qui vous font éviter des chapelles, des lieux jacquaires, visités par les pèlerins depuis des siècles.

Les exemples deviennent de plus en plus nombreux dès Le Puy en Velay jusqu'à Roncevaux.

Etudiez votre carte. Le chemin le plus court n'est pas forcément le chemin de Saint Jacques.



Chapelle de Caubin.
Ancienne chapelle de l'hopital des pèlerins
avant Arthez de Béarn



La stéle de gibraltar et la chapelle de Soyarza
après Aroue


- De marcher seul, en couple ou en groupe.

Des groupes de pèlerins se constituent sur le chemin et on vit tout "en groupe": longueur des étapes, vitesse de marche, choix des gîtes, repas, horaires...etc.

Faire le chemin de Saint Jacques en groupe alors que c'est ce que beaucoup de pèlerins n'avaient pas prévu, au contraire, c'est le piège actuellement le pire qui guette bon nombre de pèlerins.

Les conséquences:

- On ne fait pas son chemin.

- On fait le chemin ou la rando. du "leader" du groupe, à sa façon, à sa vitesse, selon ses choix.

- C'est un obstacle à l'intériorité. Le groupe ne supportera pas et ne vous attendra pas si vous décidez de vous arrêter 30mn dans une chapelle.

- Malgré vous, à votre insu, votre pèlerinage que vous aviez tant espéré et préparé devient une espéce de rando. entre copains. Cela n'a plus rien à voir avec ce qui vous a fait partir sur le chemin.

- Au niveau du budget. Exemple: le groupe va au restaurant et on se sent obligé de suivre. Sans parler des arrêts dans les bars.

- Sur la fatigue. Exemple: le groupe part à 8h au lieu de partir tôt, alors on suit et on arrive plus tard, donc on peut moins se reposer.

- Certains pèlerins tombent dans une pseudo affectivité et le groupe compte plus que leur chemin.
Cela masque et empêche totalement tout effet intérieur du chemin sur vous.




- De faire le pèlerinage, en pèlerine, en pèlerin, libre ou pas.

Il faut préserver cette liberté de pouvoir s'arrêter devant un beau paysage, dans une chapelle, une demi-heure sans que personne d'autre ne s'impatiente.
Il y a un temps pour tout. Un temps pour marcher seul ou en couple. Un temps pour partager un plat de pâtes le soir avec les autres pèlerins.

Il faut préserver cette liberté de choisir la longueur de ses étapes, le chemin que l'on emprunte.

Il faut préserver cette liberté de choisir les hébergements où on reçoit l'hospitalité, où il y a une cuisine où on peut se faire son repas du soir (ou) et son petit-déjeuner dans la simplicité.


C'est là que l'expression "chacun son chemin" a tout son sens.

- De ne pas subir subir la souffrance et la fatigue excessive ou vivre un chemin où la douleur est toujours présente

A cause des étapes trop longues.

De la vitesse de marche excessive.

De l'absence de pauses pendant l'étape.

Du manque de soins de son corps qu'il faut "écouter".

Du manque de soins de son matériel.

Lorsque la souffrance s'installe plus rien ne compte quelle seule, elle vous coupe de tout.




- De se reposer ou pas.

Quand on arrive au gîte, de se donner ou pas un bon moment de détente, voire la sieste.

Avoir des nuits d'au moins 8 heures. Les nuits trop courtes ont des conséquences graves.

Préparer son repas et le partager dans la simplicité au gîte avec d'autres pèlerins ayant fait le même choix a un sens.

Privilégier les hébergements tournés vers le calme et ayant mis en place des horaires pour que vous puissiez vous reposer et dormir a aussi un sens.


De partir avec un minimum de budget ou sans aucun argent
Nous voyons de plus en plus de pèlerins qui partent pour faire le chemin sans aucun argent.
Tous comptent sur la générosité des autres pèlerins et des hébergeurs. Certains "font la manche" tous les jours.



Nous avons eu souvent l'occasion de parler avec eux. Ce qu'ils vivent est très difficile: leur esprit est complétement monopolisé par ce problème d'argent et ils ne vivent pas le chemin intérieurement.

D'autres par contre ont fait le choix de travailler avant de partir (vendanges, ramassage des fruits, travail temporaire) pour pouvoir acquérir un minimum d'équipement, avoir un petit budget et vivre leur chemin.


De refuser ou pas le pseudo merveilleux ou le pseudo pittoresque

Quelques pèlerines, quelques pèlerins rencontrent le merveilleux, le tant souhaité, pendant leur chemin vers Compostelle.
Attention ce n'est absolument pas systématique
.

Aussi méfies-toi de ceux qui ne parlent que de ça à tous les pèlerins, pour les émouvoir, pour les faire rêver, ce qui est la porte ouverte à l'illusion.

Ces personnes, qui jouent avec le pseudo affectif, veulent devenir "un personnage sur le chemin dont l'histoire est formidable à entendre".

D'autres jouent sur l'originalité, le pittoresque, pour devenir là aussi un "personnage sur le chemin", se mettre en valeur, jusqu'à donner des conseils et orienter fortement des choix de vie sans voir les conséquences.


Accepte par contre le témoignage qui t'est donné pour t'aider à avancer sur le chemin, pour t'aider à avancer dans la vie, si ce témoignage t'est donné discrétement, personnellement, sans que celui qui te le donne se mette en valeur.

Ce qui est vrai et durable ne s'enracine pas dans l'émotionnel

Ce n'est pas sur le rocher du rêve et de l'illusion que nous devons bâtir.

Surtout ne rentres pas déçu après avoir fait le chemin de Saint Jacques parce que tu n'y as pas trouvé immédiatement ce que tu cherchais.

Très souvent ce que tu recherches, ce que tu souhaites, tu le trouveras dans un engagement tourné vers les autres dans la continuité de ton chemin de pèlerinage.

[i]Marcher sur le chemin met les pieds sur terre
et met, un peu, la tête dans les étoiles
à nous d'harmoniser les deux
André



La voie lactée dans l'axe du chemin


- D'être dans l'esprit pèlerin ou pas dans les hébergements avec les autres pèlerins et avec ceux qui vous donnent l'Hospitalité

Accepter des hébergeurs ce qui est offert avec le coeur dans la simplicité et la propreté.

Vivre dans les gîtes la fraternité, le partage, avec les autres pèlerins ce qui est une richesse et beaucoup plus qu'une simple rencontre.

Recevoir l'Hospitalité qui est donnée.
Ou se considérer comme un client avec tous les "moi je", les "je veux", les "je ne comprend pas que" qui en découlent..


LAISSEZ UNE PLACE A VOTRE ETRE INTERIEUR

Privilégiez l'Hospitalité donnée,
le partage, le repos, dans les hébergements paisibles.




Ménagez vous des temps pour penser, pour méditer,
pour te tourner vers Celui qui sait pourquoi tu es là.




Aimez, ayez de la compassion
pour celles et ceux qui souffrent dans leur chair.

Mais aussi pour celles et ceux
qui souffrent intérieurement.






Faire le choix de faire le pèlerinage avec intériorité ouvre le coeur,
en partira ce qui vous pèse, s'y installera la paix.

Faire le choix de faire le pèlerinage avec intériorité c'est se donner les moyens de ne pas laisser passer mais de vivre les petits bonheurs chaque jour présents qui parsèment le chemin et sont les fruits du hasard.


La joie que tu éprouveras face à la mer à Finisterra ne sera
ni celle d'un sportif qui a fait un raid ou un trek
ni celle d'un randonneur
ni celle d'avoir fait un chemin dont on parle beaucoup pour pouvoir s'en vanter.




Ta joie sera autant extérieure qu'intérieure.
Elle ne sera pas éphémére
Elle sera celle d'un pèlerin de Saint Jacques
.



André
Accueil pèlerin bénévole Hospitalet Saint Jacques
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